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Le maïs dans le monde



Le maïs est la plante la plus cultivée dans le monde. Un succès planétaire dû d’abord à son statut d’alimentation animale de référence, mais aussi aux propriétés exceptionnelles d’une plante extraordinaire qui cumule tous les atouts : nutrition, gastronomie, multiples applications, sécurité sanitaire, potentiel de développement…. La culture du maïs s’est étendue dans le monde entier et fait l’objet d’une âpre bataille, sous l’arbitrage de l’OMC. Si  les Etats-Unis font figure de leader, la France, seul challenger mondial des Américains, occupe encore une place honorable et arrive même en tête dans certains domaines de recherche ou de production touchant au maïs. Le maïs est donc l’une des composantes de la prospérité française, de son innovation et de son rayonnement international, une composante qu’il convient de préserver et d’encourager. Mais combien de temps la France pourra-t-elle encore tenir son rang, alors que ses producteurs sont privés des innovations majeures, les OGM, dont profitent déjà largement leurs concurrents ?


 Le maïs, numéro un mondial des cultures


Le « maiz » millénaire découvert par Christophe Colomb en Amérique centrale a beaucoup voyagé depuis, s’adaptant à tous les climats et à toutes les latitudes. Il est aujourd’hui présent sur les cinq continents, à travers des milliers de variétés différentes, et pousse aussi bien en Europe que dans les zones humides d’Asie du Sud-Est. Partout dans le monde, les éleveurs, pour nourrir leurs bêtes, privilégient le maïs par rapport à tout autre aliment. Le succès du maïs va également croissant pour l’alimentation humaine, certains pays utilisant même le maïs comme base de la subsistance de leurs populations. On constate aussi un développement croissant de la production de maïs dans les pays émergents.
 
Les productions sont souvent peu exportées, car répondant à de fortes demandes intérieures. Quatre grands « blocs » se livrent une lutte acharnée sur le marché du maïs : l’Europe, le groupe de Cairns (Australie, Nouvelle-Zélande, Argentine), les pays du Tiers-Monde et enfin, bien-sûr, dans le rôle du leader, les Etats-Unis.



 Les Etats Unis, rois du maïs


La suprématie américaine dans la production du maïs est d’abord historique. La culture du maïs est une tradition ancrée de très longue date aux USA, dans un pays qui est aussi pionnier en matière d’hybridation et de techniques de production novatrices. La région du sud des Grands Lacs, la fameuse « corn belt » (« ceinture de maïs ») et ses « farmers », en sont la plus belle illustration.
 
Aujourd’hui, les Etats-Unis produisent à eux seuls 40% du maïs mondial.  Les Américains eux-mêmes sont de très gros consommateurs, puisque 80% de leur propre production est absorbée par le marché intérieur. Le pop-corn y est une icône nationale ! Les USA sont aussi le premier exportateur mondial, puissant et organisé : la plupart des producteurs américains sont regroupés au sein de la National Corn Growers Association (N.C.G.A). Face à eux , la résistance peu structurée des autres pays est souvent faible et inefficace. D’autres grands pays exportateurs comme la Chine ou l’Argentine restent pour l’instant isolés. Quant aux exportations européennes, elles ne dépassent pas, pour l’instant, les frontières de l’Union.



 La France, "David contre Goliath"


Dans ce contexte, la France, et elle seule,  fait quelque peu figure de contre-pouvoir face au géant américain. Les Pyrénées, sorte de « mini-corn belt » à la française, sont le berceau historique du maïs européen. A Pau, dès 1930 est organisé le premier Congrès International du Maïs. L’organisation des producteurs de maïs français en syndicats et associations est elle aussi ancienne. L’AGPM (Association Générale des Producteurs de Maïs) en tête, créée à Orthez en 1934 ! Les maïsiculteurs français ont longtemps été réticents à la production d’hybrides, pourtant plus performants. Ces derniers se sont finalement imposés logiquement, dans les années 50.
 
 La France exporte aujourd’hui, chaque année, la moitié de sa production de maïs, principalement vers les autres pays membres de l’Union. Elle se hisse même au deuxième rang mondial sur le marché des semences. Ce qui n’est pas négligeable lorsqu’on sait qu’il s’agit là du « nerf de la guerre » … du maïs !  Mais, du fait de sa position réglementaire sur les OGM, la France est en train de prendre du retard…



 Données économiques


Le maïs est la plante la plus cultivée au monde et la première céréale produite, devant le blé. Il représente 41%  de la production mondiale de céréales (blé : 40%, orge : 9%) et couvre (moyenne 2 000 à 2003) 140 millions d'hectares à travers le monde, pour une production de 600 millions de tonnes (contre 570 millions de tonnes de blé, sur 210 millions d'hectares). En 30 ans, la production de maïs a doublé. Le rendement du maïs en France ou aux USA est de l'ordre 80 à 90 quintaux à l'hectare, contre une moyenne mondiale de 40 q/ha. Une dizaine de pays seulement assurent la quasi-totalité de la production mondiale. Les USA et la Chine sont les plus importants d'entre eux (respectivement 41% et 19% de la production mondiale). La France représente 3% de la production mondiale. L'exceptionnel potentiel génétique du maïs ne cesse de lui ouvrir des perspectives nouvelles, qui en font une plante d'avenir dont le développement devrait se poursuivre et, même s'accélérer.

La production de maïs



Plante à l'histoire modeste, comparée à celle plus prestigieuse du blé utilisé pour la fabrication du pain, le maïs a su se développer largement à travers le monde au 20ème siècle, avec la révolution hybride et l'amélioration de ses techniques de production. La révolution OGM devrait accélérer sa progression au 21ème siècle. La production mondiale de maïs a oscillé, ces dernières années, en fonction du climat, entre 590 et 610 millions de tonnes, pour des surfaces stabilisées à 140 millions d'hectares environ. L'essor de la production s'explique pour 2/3 par les progrès de productivité et pour 1/3 par l'accroissement des surfaces. Présent sur tous les continents, poussant à des altitudes très variées, les exigences climatiques du maïs ne lui permettent pas cependant une aire de culture dans le monde aussi étendue que celle du blé, sa production étant plutôt concentrée dans l'hémisphère nord.

Les rendements



Le rendement moyen du maïs dans le monde est de 43 quintaux à l'hectare. Sa progression est constante, contrairement au blé. Aux USA et en Europe de l'Ouest, le climat favorable et les techniques de production modernes permettent d'atteindre 90 quintaux à l'hectare, voire davantage les années exceptionnelles, avec des fluctuations importantes en fonction du climat (par exemple 70 quintaux à l'hectare seulement en France en 2003/2004, du fait de la sécheresse estivale). La France (88q/ha en moyenne 2000-2002/Source FAO) arrive au 4ème rang mondial du rendement, derrière l'Italie (96), l'Espagne (95) et la Grèce (94) et suivie par les USA (85), l'Egypte (78) et le Canada (69). Au bas de l'échelle on trouve par exemple le Honduras (14), le Kenya (16), l'Inde (19) ou le Mexique (25). A eux seuls, les USA produisent plus de 40% des volumes mondiaux : 220 millions de tonnes sur 30 millions d'hectares, et sont suivis du Brésil et de l'Union Européenne (40 millions de T chacun).

Les utilisations



La demande de maïs croit constamment dans le monde. Le maïs est une matière première particulièrement appréciée pour nourrir les animaux. 70% de la consommation mondiale (600 à 640 millions de T) concernent la consommation animale (420 à 440 millions de T).  Le maïs fait l'objet par ailleurs de nombreux usages industriels. Il entre dans la composition de plus de 400 produits principalement issus des amidonneries, semouleries ou distilleries. 1/4 des produits non alimentaires vendus en supermarché contiennent du maïs.
Non seulement la consommation mondiale de maïs ne cesse de se développer, mais elle se situe même, ces dernières années, à un niveau supérieur à l'offre, ce qui oblige les principaux pays consommateurs à puiser dans leurs stocks. Depuis le début des années 2000, la régression des stocks mondiaux est constante. Ils sont descendus en dessous du seuil critique de 100 millions de T. La Chine représente 45% des stocks mondiaux et les USA 32%.
Les principaux pays utilisateurs de maïs sont les USA (1/3 de la consommation mondiale, plus de 200 millions de tonnes) et la Chine (20% de la consommation mondiale, environ 125 millions de tonnes). Suivent le Brésil (4%), le Mexique (4%) et le Japon (3%).

Les exportations et les importations



     - Exportations :
Sur les 75 millions de tonnes de maïs qui s'échangent en moyenne chaque année sur la planète, 60% environ sont américains (46 millions de T). L'Argentine suit, avec 11 millions de Tonnes exportées, puis viennent la Chine (10 millions de T) et le Brésil (4 millions de T).

     - Importations :
Le 1er pays importateur de maïs est le Japon (22% des importations mondiales, 17 millions de T), suivi de la Corée du Sud (12%, 9 millions de T) et de Taiwan (6%, 5 millions de T). Au total, l'Asie importe 35 millions de tonnes, le continent américain 18 millions et l'Afrique 11 millions.


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